L’association Répondre à gauche s’est à nouveau réunie à Paris le 19 janvier 2010. En juin dernier, les rencontres de Lorient, dont nous avions déjà rendu compte, avaient fixé un plan de travail pour l’élaboration d’un projet d’après-crise pour la France, articulé autour de trois pactes, le pacte redistributif, le pacte productif et le pacte éducatif. Les travaux ont depuis été largement engagés. La réunion de Périgueux (octobre 2009), fixait les contours d’une réforme fiscale ambitieuse. La réunion de Paris s’attachait à fixer des pistes de réflexion sur une réforme de notre système de production.
Organisée selon les mêmes modalités que les précédentes réunions, débat dans un premier temps au sein d’un collège d’experts, parmi lesquels les économistes Elie Cohen et Jean Louis Levet, le directeur de la fondation Bruegel, think-tank européen, Jean Pisani-Ferry, ou le syndicaliste Jacky Bontems, dressant un diagnostic de la situation actuelle. Le débat arbitré par Stéphane Le Foll, est clôt par une synthèse de Michel Sapin, puis par un discours de François Hollande, dégageant des propositions concrètes sur le pacte productif.
Le constat reste que la production, qu’il s’agisse de biens matériels ou de services, reste à la base de la production de richesses, socle de la croissance. Or la situation en France s’est considérablement dégradée depuis la dernière décennie. Il devient urgent de repenser le système de production et renouer avec une nouvelle forme de volontarisme industriel que seule la gauche est en capacité de porter. Il faut réarmer pour cela la puissance publique, redonner à l’État le rôle de stratège qu’il n’aurait jamais dû perdre. Si un retour à des recettes du passé est devenu illusoire dans le contexte actuel d’économie ouverte, l’État peut néanmoins disposer de leviers considérables, comme l’investissement dans le capital humain (formation initiale et tout au long de la vie), une fiscalité incitative qui permette de réorienter l’effort là où il est nécessaire (voir Périgueux), notamment le renforcement des PME, enfin l’exploration de nouvelles voies qui découche sur l’excellence environnementale.
Stimulante par la qualité des débats, pertinente par l’accent mis sur les véritables enjeux, la réunion de Paris entre en cohérence avec les réunions précédentes. Elle constitue une étape supplémentaire dans le projet que s’est fixée l’association répondre à gauche, définir les contours d’un projet susceptible d’être porté par la gauche dès 2012, afin d’enrayer le déclin vers lequel la politique conservatrice menée par la droite depuis maintenant près d’une décennie, conduit la France.
Le nouveau pacte productif sera l’un des socles sur lequel ce projet pourra s’appuyer, combinant efficacité économique et justice sociale.
Bertrand Auban
Christophe Delpoux
Rémi Branco
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