Le pacte éducatif
Le contrat de l’après crise doit aller à l’essentiel. Il porte une perspective : la démocratie de la réussite. Il s’articule autour de 3 pactes avec le pays.
Un pacte éducatif
Notre pays n’a d’avenir que s’il fait le choix de faire de la France l’une des nations la mieux formée du monde. Or, nous souffrons de deux handicaps :
La France compte un taux élevé de jeunes en échec (20% sortent sans diplôme)
Elle ne parvient pas à fournir des élites assez nombreuses pour répondre aux besoins de la nouvelle donne économique. Elle n’est ni juste ni efficace.
Ce n’est pas qu’une affaire de moyens. C’est aussi son organisation et son système d’orientation et sa tolérance aux inégalités.
Plusieurs propositions :
· La généralisation du service public de la petite enfance et des maternelles ;
· La fourniture d’un tronc commun élevé ;
· La valorisation de l’enseignement technique et professionnel et la priorité aux formations industrielles ;
· L’hybridation entre grandes écoles et universités ;
· L’orientation des étudiants
· L’attribution d’un chèque éducation sur toute la vie à tous ceux qui sont sortis précocement de la formation initiale.
François Hollande - Lorient, 27 juin 2009
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Alors que le gouvernement actuel ne cesse de vilipender l'école de la République, le malaise grandit dans la communauté éducative. Or nous savons que ce n'est pas en démantelant peu à peu le service public de l'enseignement que l'on donnera confiance aux jeunes dans leur avenir. Ajouter un commentaire
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I. Etat des lieux
Les divers dispositifs d’éducation prioritaire n’ont pas atteint leurs objectifs, en raison notamment de la faiblesse des moyens alloués : les ZEP, par exemple, n’ont pas permis de faire baisser le nombre d’élèves par classe de manière significative (de 27 à 25 seulement).
La réduction des inégalités à l’école primaire passe par des politiques ciblées sur les élèves en difficulté. Les propositions évoquées concernent donc en priorité les établissements qui les accueillent. Il faut ainsi en finir avec le saupoudrage et fixer des priorités au profit d’élèves pour qui l’école constitue le seul véritable instrument de promotion sociale.
Malgré des résultats particulièrement encourageants 1. Une réforme en trompe l’œil Le gouvernement souhaite en effet enclencher la rénovation des séries STI (sciences et technologies industrielles) et STL (sciences et technologies de laboratoires). Si l’intention de départ est bien évidemment louable L’un des principaux syndicats de professeurs, le SNES-FSU, a déjà dénoncé vigoureusement la véritable « philosophie » qui sous-tend cette réforme, à savoir la recherche d’économies au détriment de la réussite des élèves. Tout laisse ainsi à penser qu’elle vise avant tout à supprimer des postes d’enseignants. 2. Des spécificités à défendre pour valoriser le parcours de chaque jeune
En faisant progresser le volume horaire des matières dites « générales » et en diminuant celui des enseignements technologiques, cette réforme va progressivement gommer ce qui faisait la force de ces filières, à savoir la spécialisation. De nos jours, la spécialisation est incontestablement la porte d’entrée la plus efficace au sein d’un marché du travail de plus en plus exigeant en matière de qualification. Etre bien formé dans un domaine précis reste le meilleur moyen de dénicher un emploi stable et de s’y maintenir. Tous les élèves ne sont pas faits pour mener de longues études, encore moins au sein de cursus « généraux ». Tous ne le souhaitent pas non plus. Favoriser à tout prix le prolongement des études après le bac est non seulement une aberration totale du point de vue humain mais qui plus est extrêmement couteux pour la collectivité. La réussite d’une formation ne se mesure pas au nombre d’années d’études qu’elle propose mais bien à la qualité de l’insertion professionnelle qu’elle favorise. Les passerelles entre les filières doivent bien entendu être facilitées, mais c’est surtout d’une reconnaissance réelle et d’une revalorisation effective dont a besoin la voie technologique pour séduire à nouveau. 3. L’indispensable réorganisation des études post-bac Pour les bacheliers technologiques qui souhaitent poursuivre leurs études, l’université est devenue le lieu de « chute » privilégié. Le résultat est malheureusement sans appel : 70% d’entre eux ne parviendront pas à accéder à l’année de licence (bac +3). Cet échec de masse est intolérable, surtout lorsqu’on sait qu’il existe tout un ensemble de structures spécialement conçues pour accueillir ces étudiants dans des conditions d’encadrement et de formation extrêmement efficaces (IUT, BTS,…). Ces dernières, du fait des mécanismes de sélections, sont hélas essentiellement composées de bacheliers généraux de bon niveau qui cherchent avant tout à s’éviter les aléas des deux premières années de fac. Le gouvernement actuel a fait de l’accès des élèves issus de quartiers défavorisés aux grandes écoles une priorité. Pourquoi n’est-il pas aussi pressé d’instaurer un système de quotas comparable pour l’accès aux formations universitaires « professionnalisantes » des bacheliers technologiques pourtant préconisé par Lorsqu’il présente sa réforme générale du lycée, Luc Chatel se targue souvent de vouloir « diversifier les parcours d'excellence au lycée ». La réalité est toute autre et c’est bien vers une uniformisation au rabais que le ministre nous entraîne sous couvert de modernisation. S’attaquer aux filières technologiques, c’est affaiblir l’un des instruments les plus efficaces de promotion sociale pour des milliers d’élèves, parfois en échec scolaire, hélas souvent d’origine modeste, qui trouvent là un précieux tremplin vers la réussite et la confiance en eux-mêmes. L’Ecole est objet de conflits et de polémiques en toutes circonstances, mais particulièrement dès lors qu’un gouvernement prétend la réformer.
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