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Tribune publié dans Le Monde le 17 juin 2010.

Par Stéphane Le Foll, vice-président du groupe S&D France ; Kader Arif, porte-parole du groupe S&D pour le commerce international, France ; Stephen Hughes, vice-président du groupe S&D, Royaume-Uni ; Evelyne Gebhardt, porte-parole du groupe S&D pour le marché intérieur et la protection des consommateurs, Allemagne ; Véronique de Keyser, vice-président du groupe S&D, Belgique ; Alejandro Cercas, porte-parole du groupe S&D pour l'emploi et les affaires sociales, Espagne ; Stavros Lambrinidis, vice-président du Parlement européen, Grèce.

 

L'Europe subit une crise financière, économique et sociale sans précédent qui a conduit les gouvernements aux décisions du conseil des ministres des finances des 8 et 9 mai. Nous en sommes convaincus, ces décisions marquent un tournant dans notre histoire commune. Nous sommes lucides sur la profondeur de la crise que traverse notre continent qui se traduit d'ailleurs encore par la baisse de l'euro sur l'ensemble des marchés. Cette baisse est avant tout la conséquence de la faiblesse chronique du niveau de croissance européen par rapport aux autres zones économiques du monde.

Le risque, dans ce contexte, serait d'imposer uniquement une politique de sanctions renforcées et de coupes dévastatrices dans les budgets nationaux comme le souhaite la Commission européenne. Si la réduction des déficits budgétaires et de l'endettement des Etats est un objectif indispensable, cela doit se faire avec intelligence sur le moyen et le long terme et de manière coordonnée. Une accélération générale des plans d'austérité aurait pour conséquence de remettre en cause le peu de croissance qui existe aujourd'hui sur notre continent et détruirait des millions d'emplois supplémentaires. Car rien de solide et de soutenable dans l'avenir ne se fera sans rechercher les conditions d'un retour à la croissance à travers une politique budgétaire riche en investissements matériels et immatériels et capable de maintenir un système de protection sociale et de santé solide. Nous devons sortir de cette crise par le haut, et non en démantelant nos systèmes sociaux et en créant davantage de chômage.

A ce titre, notre continent subit de plein fouet les conséquences de la mondialisation avec la concurrence de plus en plus forte des pays dits émergents. Nous avons trop tardé à prendre les bonnes décisions face à cette mutation. Nous devons tourner la page, ouvrir après la conquête de la paix sur notre continent, celle de la maîtrise commune de notre destin dans le monde globalisé.

FAIRE PRÉVALOIR L'INTÉRÊT EUROPÉEN SUR LES INTÉRÊTS NATIONAUX

L'Europe a besoin d'une stratégie européenne pour la croissance à l'horizon de 2020. Nous devons tirer les conséquences de l'échec de la stratégie de Lisbonne en donnant à l'Europe les moyens de son ambition. Cette dynamique de croissance doit être créatrice d'emplois, génératrice d'innovations, en particulier dans le domaine de l'écologie. Elle doit s'appuyer sur une politique d'investissements européens dans les domaines du transport, de l'énergie, de l'alimentation et de la recherche.

La zone euro doit s'organiser, pas simplement avec une coordination économique mais par une véritable gouvernance politique qui est la seule à même d'assurer une cohérence économique sur notre continent. Aussi, nous ne pourrons pas accepter que les Etats réduisent le budget européen, et le Parlement, renforcé par le traité de Lisbonne, devra peser de tout son poids pour faire prévaloir l'intérêt européen sur les intérêts nationaux. De même, nous poserons clairement la question d'une ressource propre pour l'Europe assise sur une base large pour un taux faible et neutre en termes de pression fiscale. Coopération fiscale au lieu de concurrence fiscale déloyale entre Etats membres, taxe carbone, base commune pour les impôts sur les sociétés, lutte efficace contre les paradis fiscaux et contre l'évasion fiscale, taxation sur les transactions financières sont autant de pistes nécessaires pour renforcer les budgets de nos Etats et éviter une austérité budgétaire excessive.

Nous avons le choix, mais il faut trancher cette question rapidement pour donner une impulsion nouvelle à l'Union européenne. Un budget européen fort doit s'accompagner d'une nouvelle organisation en donnant un rôle accru à la Banque européenne d'investissement, en articulant une vraie complémentarité entre budgets nationaux et budget européen.

A cet égard, les chefs d'Etat et de gouvernement qui devaient se réunir le 16 juin à Bruxelles doivent prendre des décisions courageuses et visionnaires qui forgeront l'avenir de notre espace commun pendant des années. Espérons qu'ils soient à la hauteur de ce moment historique.

 


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Le plan de secours de la zone euro mis en place le week-end dernier (8 et 9 mai 2010) constitue une bonne solution de gestion de crise de la zone euro.

Il consiste en la mobilisation de financements d’un montant de 750 MM€ :

-60 MM€ pouvant être levés sur les marchés par la Commission européenne,

-440 MM€ pouvant être levés sur les marchés par un nouvel organisme, le Fonds de stabilisation européen, géré par la Commission et bénéficiant de la garantie des 16 Etats de la zone euro, ainsi que de celle d’Etats membres ne faisant pas partie de la zone euro (comme la Suède et la Pologne). Le Royaume-Uni a indiqué qu’il n’apporterait pas sa garantie mais ne s’opposerait pas au dispositif. La garantie de la France devrait  s’élever à 90 MM€, soit près de 20% du montant total, ce qui correspond à sa part dans le capital de la BCE,

-250 MM€ de fonds mobilisables par le FMI, soit la moitié des fonds apportés par les Européennes.

Ce plan est complété par la décision de la BCE de se doter de la possibilité de racheter des obligations d’Etat, ce qu’elle refusait jusqu’à présent.

Ces deux décisions (création d’un fonds de stabilisation européen et acceptation par la BCE de racheter des obligations d’Etat) constituent des évènements majeurs, qu’il convient de saluer, et qui permettront de gérer efficacement la survenance de crises similaires à la crise grecque.

Elles doivent cependant être complétées de décisions d’ordre structurel, qui permettent de traiter non pas seulement les conséquences des crises, mais aussi et surtout leurs causes.

Les crises de financement des Etats de la zone euro proviennent en effet de la contradiction entre :

-l’existence d’une monnaie unique, l’euro,

-et l’existence de 16 émetteurs de dettes publiques libellées en euro.

De ce fait, il circule sur le marché 16 catégories différentes d’obligations d’Etat émises dans la même monnaie, cas unique dans le monde. Ces 16 catégories ne bénéficient pas de la même notation ni donc du même taux d’intérêt. Les bonnes obligations publiques émises en euros (les allemandes, par exemple) chassent alors les mauvaises (les grecques, par exemple).

Les marchés sont persuadés qu’une telle situation n’est pas viable à terme, et parient sur l’éclatement de la zone euro.

Il faut donc de mettre fin à cette contradiction afin de sauvegarder l’euro.

Il conviendrait qu’il n’existe plus qu’une seule entité admise à émettre de la dette publique en euro.

Il pourrait être proposé de créer une Agence du Trésor européenne chargée d’émettre et de gérer la dette publique de tous les Etats de la zone euro.

Cette agence gérerait la dette consolidée de la zone euro et refinancerait chacun des Etats. De la sorte les marchés ne sauraient pas à quel Etat de la zone serait affectée telle ou telle émission. Il ne circulerait plus sur les marchés qu’une seule catégorie d‘obligations publiques libellées en euros. Il n’existerait donc plus qu’un seul taux d’intérêt pour la dette publique libellée en euros.

Afin de pouvoir travailler efficacement, l’Agence du Trésor européenne utiliserait un budget consolidé de la zone euro. Il pourrait alors être envisagé de présenter chaque année au Parlement européen ce budget consolidé.

Ces initiatives permettraient de poser les jalons d’une politique budgétaire européenne.

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La circulaire du 25 février 2010 sur les enseignants-stagiaires signée par le directeur général de l’enseignement scolaire et le secrétaire général du ministère de l’éducation nationale est un texte qui tourne le dos aux besoins du système éducatif.

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Il y a un peu moins d’un an, Nicolas Sarkozy présentait son plan contre le chômage des jeunes. La situation était à l’époque alarmante, elle est aujourd’hui catastrophique. Le taux de chômage des moins de 25 ans au sens du BIT est passé de 18.5% au troisième trimestre 2007 à plus de 24 % actuellement ce qui place la France dans le peloton de queue des pays européens. Cette situation, considérée par beaucoup comme une fatalité, est insupportable dans un pays qui fait le choix de la connaissance pour relancer l’économie dans les années à venir.
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« Travailler plus pour gagner plus ». Evoquer ce slogan resté tristement célèbre suffit à mesurer l’ampleur de l’échec de la droite. Quelques données publiées récemment confirment cet échec en dressant un sombre bilan de l’action de Nicolas Sarkozy : nous sommes moins nombreux à travailler et lorsque nous travaillons, nous travaillons moins et dans des conditions plus difficiles. Inutile de préciser que nous gagnons moins…

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